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Collectif feignasse

Collectif des sans emploi, chômeurs, précaires, et tous ceux qui sont privés de moyen d’existence... feignasse[AT]riseup.net

LIBÉRONS-NOUS DU TRAVAIL !

Publié le 22 Janvier 2017 par Collectif Feignasse

LE TRAVAIL COMME SOUFFRANCE

"L'acte d'aliénation de l'activité humaine, le travail, c'est l'activité qui est souffrance."
Karl Marx, Manuscrits de 1844

(...) Travailler, c'est souffrir de devoir quotidiennement se vendre comme marchandise productrice de biens‑marchandises ou de services‑marchandises, ou revenir chez soi comme une marchandise n'ayant trouvé aucun preneur, et être déprécié médiatiquement de ne pas être un esclave rentable du capitalisme. Travailler, c'est souffrir de devoir obéir à un impératif absurde, avilissant, destructeur, celui de produire des marchandises quelconques de manière rentable à n'importe quel coût physique, psychique et écologique. Travailler, c'est souffrir de devoir obéir à des chefs et/ou à des clients, de subir du harcèlement, des humiliations et autres souffrances. Travailler, c'est souffrir de devoir exécuter cet impératif dans des conditions éprouvantes physiquement comme nerveusement, d'où du stress, des dépressions, des déformations physiques, des accidents de travail, des burn‑out, des suicides. Travailler, c'est devoir accomplir une activité généralement indifférenciée, absurde et/ou destructrice. Travailler, c'est souffrir d'être réduit à un robot, une machine, un esclave. Travailler, c'est souffrir de rentrer vidé chez soi, de ne pas pouvoir vivre pleinement. Travailler, c'est souffrir d'être en perpétuelle guerre d'agression psychique avec ses frères et ses soeurs en raison de la concurrence capitaliste. Travailler, c'est souffrir d'être menacé chaque seconde d'élimination économique, d'obsolescence productive. Travailler, c'est souffrir d'une précarité permanente. Travailler, c'est souffrir d'être traité de « capital humain », de « mauvaise graisse », de « facteur humain », de « bras cassés », d' « inadaptés », de « fainéants », etc. Travailler, c'est souffrir d'être un soldat d'une guerre permanente, d'être sacrifié au nom de la Patrie économique. Travailler, c'est souffrir d'une augmentation continuelle de sa souffrance, au travers des réformes incessantes du travail. Travailler, c'est souffrir. (...)
«Ne travaillez jamais » signifie donc n'acceptez jamais ce monde où l'on doit vendre son temps d'existence, son activité, son faire, comme marchandise, comme marchandise produisant d'autres marchandises et de l'argent, comme marchandise produisant un monde de souffrance ‑ et de mort. Nous sommes fait pour vivre, pour aimer, pour désirer, pour créer, et non pour produire des marchandises et nous vendre comme travailleurs.

LE TRAVAIL COMME ALIÉNATION

"Le travailleur est une marchandise. Son activité n'est pas une libre manifestation de sa vie humaine, mais plutôt un marchandage de ses forces, une aliénation. Le travail est de par son essence même l'activité non libre, inhumaine, asociale."
Karl Marx, F. List et la bourgeoisie allemande, 1845

Le travail est une aliénation, il n'y a pas de travail non‑aliéné, parce qu'il s'agit de se vendre (alienare) comme marchandise, d'une part, et de se déposséder de soi au profit d'une fonction étrangère (alien) de production de marchandises. Travailler, c'est devenir étranger (à ses désirs) au profit de son activité‑marchandise. Travailler, c'est faire abstraction de soi, c'est s'oublier, c'est se mettre entre parenthèses au profit d'une fonction d'encaissage, de codage ou de dressage, selon qu'on soit caissier‑e, informaticien‑ne ou enseignant‑e.
Le travail, c'est une dépossession de sa vie au profit d'une fonction machinique de production de marchandises et de valeur, c'est une vente de soi, de son existence, de son temps de vie, de son activité, de son faire, comme marchandise.

Comité érotique révolutionnaire, Libérons-nous du travail, décembre 2016 (extraits)
http://librairie-publico.com/spip.php?article2079

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